Qui paie les charges de copropriété : l’usufruitier et le nu propriétaire ?

25 mai 2026

Le démembrement de propriété constitue une stratégie patrimoniale de premier plan en France, avec plus de 30 % des transmissions de biens immobiliers réalisées sous cette forme. Cette situation divise le droit de propriété entre l’usufruitier, qui occupe ou loue le logement, et le nu-propriétaire, qui en détient les murs de manière passive. La répartition des charges de copropriété entre ces deux acteurs génère parfois des tensions ou des incompréhensions au sein de la gestion locative. Une maîtrise parfaite des règles juridiques en vigueur assure pourtant une cohabitation sereine et sécurise votre investissement sur le long terme.

Qui doit réellement assumer les gros travaux en cas de ravalement de façade ? Comment se répartissent les honoraires du syndic et les taxes locales dans ce schéma spécifique ? Est-il possible de modifier ces règles par le biais d’un contrat privé ? Les lignes qui suivent apportent des réponses précises à vos interrogations pour éviter tout litige financier. Nous détaillons chaque poste de dépense afin de clarifier les obligations de chaque partie selon le Code civil.

À retenir

  • L’usufruitier règle les charges courantes, les frais d’entretien et la taxe foncière, tandis que le nu-propriétaire assume uniquement les gros travaux de structure listés par l’article 606 du Code civil.
  • Le règlement de copropriété comporte souvent une clause de solidarité qui permet au syndic de réclamer la totalité des sommes à l’un ou l’autre des titulaires de droits.
  • Une convention de démembrement personnalisée offre la possibilité de répartir les frais de gestion différemment de la loi pour mieux protéger vos intérêts financiers respectifs.

Le démembrement de propriété est un montage juridique aussi fascinant qu’efficace pour organiser la transmission de son patrimoine. Pourtant, il soulève une question récurrente et parfois conflictuelle en copropriété : qui doit régler les charges ? La confusion règne souvent entre les obligations de l’usufruitier, qui jouit du bien, et celles du nu-propriétaire, qui en détient les murs. En tant que professionnel de l’immobilier, il est de mon devoir de clarifier cette situation complexe.

Loin d’être une simple formalité, la répartition des charges de copropriété obéit à des règles légales strictes, définies par le Code civil et la loi de 1965. Cependant, la pratique révèle des subtilités que le syndic de copropriété, les assemblées générales et les règlements internes viennent complexifier. L’enjeu est de taille : il s’agit d’éviter les litiges, de préserver la valeur du bien et de garantir une gestion sereine de l’immeuble. Cet article vous guide pas à pas pour démêler le vrai du faux et vous fournir des réponses claires et actionnables. Prêt à y voir plus clair ?

Comprendre les principes du démembrement de propriété

Avant d’aborder la question financière des charges, une halte s’impose sur les fondements juridiques du démembrement. Ce mécanisme divise la pleine propriété d’un bien en deux droits distincts et complémentaires, détenus par deux personnes différentes. Comprendre qui est qui et qui fait quoi est le prérequis indispensable pour la suite.

Le rôle et les droits de l’usufruitier sur le bien

Qui est l’usufruitier ? C’est la personne qui détient l’« usus » et le « fructus ». Concrètement, cela lui confère un droit de jouissance sur le bien. Il peut l’habiter lui-même ou le mettre en location pour en percevoir les loyers. L’usufruitier est donc celui qui profite matériellement du bien au quotidien. Ce statut est souvent issu d’une succession, où le conjoint survivant reçoit l’usufruit des biens du défunt, ou d’une donation de son vivant pour anticiper sa transmission.

Le démembrement de propriété scinde donc le droit de propriété en deux. D’un côté, l’usage et les fruits, de l’autre, la nue-propriété. L’usufruitier ne peut pas vendre le bien immobilier sans l’accord du nu-propriétaire. Son droit est temporaire : il s’éteint généralement à son décès. À ce moment, le nu-propriétaire récupère la pleine propriété du bien, sans aucune fiscalité supplémentaire. C’est un avantage majeur de ce montage.

De ce fait, l’usufruitier a l’obligation de conserver la substance du bien. Il doit l’entretenir et veiller à ce qu’il ne se dégrade pas, au-delà de l’usure normale liée à son occupation. L’usage du logement doit se faire « en bon père de famille », selon l’expression consacrée, ce qui signifie avec soin et diligence. Il doit restituer le bien dans l’état où il l’a reçu, sauf ce qui a péri ou a été détérioré par vétusté ou force majeure.

La position et les obligations du nu propriétaire résident

Le nu-propriétaire, quant à lui, possède les murs mais pas le droit d’en jouir. Sa position est celle d’un propriétaire en attente. Il a la certitude de devenir un jour plein propriétaire, mais en attendant, ses droits sont limités. Il ne peut ni habiter le bien, ni le louer, ni même y pénétrer sans l’accord de l’usufruitier. Son droit de propriété est « nu », dépouillé de ses attributs d’usage.

Cependant, ce statut ne le dispense pas de toute obligation ! La loi lui impose de prendre en charge les grosses réparations. Le nu-propriétaire est le garant de la pérennité de la structure du bien. C’est sa responsabilité de veiller à ce que l’immeuble ne dépérisse pas. La question de savoir qui paie entre nu-propriétaire ou usufruitier pour ces interventions majeures est donc clairement tranchée par la loi.

Cette répartition des rôles prend tout son sens dans les contextes de succession et donation. Prenons un exemple courant : des parents donnent la nue-propriété de leur résidence principale à leurs enfants et en conservent l’usufruit. Le donateur et donataire ont alors des intérêts distincts : les parents (usufruitiers) veulent jouir paisiblement de leur logement, tandis que les enfants (nus-propriétaires) veulent préserver la valeur de leur futur héritage. Les dépenses d’entretien courantes reviennent aux parents, les travaux structurels aux enfants.

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Les différences notables avec le régime de l’indivision

Il est crucial de ne pas confondre le démembrement de propriété avec l’indivision. Dans l’indivision, plusieurs personnes détiennent ensemble la pleine propriété d’un même bien, à hauteur de leur quote-part (par exemple, 50/50 pour deux héritiers). Chaque indivisaire a les mêmes droits et les mêmes devoirs sur la totalité du bien. Les décisions importantes doivent être prises à l’unanimité ou à des majorités qualifiées, ce qui peut rapidement mener à des blocages.

À l’inverse, le démembrement de propriété organise une répartition claire des prérogatives. Il n’y a pas de concurrence des droits, mais une complémentarité. L’un a le droit d’utiliser, l’autre le devoir de conserver. Cette structure évite bien des conflits. La répartition des frais est également définie par la loi, comme nous le verrons, alors qu’en indivision, tout est supporté collectivement, proportionnellement aux parts de chacun.

Le Code civil encadre précisément ces deux régimes. Alors que l’indivision est souvent subie (lors d’une succession) et perçue comme une situation transitoire (« Nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision »), le démembrement est très souvent un acte de gestion patrimoniale volontaire. Il arrive qu’un usufruit successif soit mis en place par testament, prolongeant le démembrement au-delà du premier décès. Dans tous les cas, le rôle du notaire est fondamental pour rédiger un acte clair qui anticipe les situations et protège les intérêts de chacun.

La règle légale pour définir qui paie les charges de copropriété usufruitier ou nu propriétaire

La question est donc sur toutes les lèvres : qui signe le chèque au syndic ? La loi a heureusement prévu un cadre pour répondre à cette interrogation. La clé de la répartition se trouve dans la nature même des dépenses engagées pour la copropriété.

Les charges courantes et les frais d’entretien à la charge de l’occupant

La règle est simple : celui qui profite des services et des équipements de l’immeuble doit en assumer le coût. En vertu de l’article 23 de la loi de 1965, l’usufruitier est considéré comme le principal débiteur des charges de copropriété vis-à-vis du syndicat des copropriétaires. Cela concerne toutes les dépenses nécessaires au fonctionnement et à l’administration des parties communes.

Concrètement, cela inclut :

  • Les frais de fonctionnement : électricité des couloirs, contrats de nettoyage, maintenance de l’ascenseur, etc.
  • Les petites dépenses d’entretien : remplacement d’une ampoule dans le hall, menues réparations des équipements communs.
  • Les honoraires du syndic pour la gestion courante.
  • Les primes d’assurance de l’immeuble.

En somme, l’usufruitier paie tout ce qui relève de l’entretien périodique et de la conservation du bien en bon état d’usage. C’est la contrepartie logique de son droit de jouissance sur les parties privatives et les parties communes. Ces charges sont celles qui figurent dans le budget prévisionnel voté chaque année en assemblée générale.

Les travaux de structure définis par l’article 606 du Code civil

La situation change radicalement lorsque nous parlons de travaux plus conséquents. Ici, c’est le nu-propriétaire qui est mis à contribution. La loi, et plus précisément l’article 605 du Code civil, stipule que l’usufruitier n’est tenu qu’aux « réparations d’entretien ». Toutes les autres sont à la charge du nu-propriétaire.

Quelles sont ces « autres » réparations ? L’article 606 du Code civil les définit comme les grosses réparations. Il s’agit des interventions qui touchent à la solidité et à la conservation de l’immeuble dans sa globalité. La jurisprudence a précisé les contours de cette notion. Sont considérées comme de grosses réparations :

  • Les travaux sur les gros murs et les voûtes.
  • Le rétablissement des poutres et des couvertures entières.
  • La réfection du toit complète.
  • Les réparations sur les digues et les murs de soutènement.

En résumé, tout ce qui concerne la structure de l’immeuble est l’affaire du nu-propriétaire. Un ravalement de façade imposé par la mairie, la réparation d’une toiture qui fuit, ou le changement d’une chaudière collective sont typiquement des dépenses qui lui incombent. L’article 606 du Code civil est la référence absolue en la matière.

Le paiement de la taxe foncière et des impôts locaux

C’est une question qui revient systématiquement. La réponse est sans ambiguïté : c’est toujours l’usufruitier qui doit payer la taxe foncière. Le Code général des impôts est très clair sur ce point. L’avis d’imposition est d’ailleurs établi à son nom. Pourquoi ? Car l’administration fiscale considère que celui qui est susceptible de percevoir des revenus fonciers du bien (les loyers) ou qui économise un loyer en l’occupant doit s’acquitter de l’impôt correspondant.

La taxe d’habitation, pour les résidences secondaires ou les logements vacants, suit la même logique et est due par l’occupant au 1er janvier, donc l’usufruitier s’il y réside. La taxe sur les ordures ménagères, généralement incluse avec la taxe foncière, lui incombe également. Il n’y a pas de débat légal sur qui, du nu-propriétaire ou usufruitier, paie ces impôts.

Cette répartition des frais fiscaux est une règle d’ordre public. Cela signifie que même si une convention privée entre les deux parties prévoyait le contraire, l’administration fiscale se tournerait toujours vers l’usufruitier pour le paiement de la taxe foncière. Le Code civil ne prime pas sur le Code général des impôts dans ce domaine. Toute autre répartition des frais doit faire l’objet d’un accord de remboursement entre les parties, mais ne concerne pas le Trésor Public.

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Les subtilités liées au syndic et aux appels de fonds

La belle mécanique légale peut parfois être bousculée par la réalité de la gestion d’une copropriété. Le syndic, interlocuteur principal, applique des règles qui visent avant tout l’efficacité et la protection des intérêts du syndicat des copropriétaires.

La clause de solidarité dans le règlement de copropriété

Le saviez-vous ? De nombreux règlements de copropriété contiennent une clause de solidarité entre l’usufruitier et le nu-propriétaire. Cette disposition, parfaitement légale, permet au syndic de copropriété de réclamer le paiement de la totalité des charges indifféremment à l’un ou à l’autre, sans avoir à se soucier de leur répartition légale. Pour le syndic, l’objectif est simple : se garantir contre les impayés et simplifier le recouvrement.

Cette clause de solidarité des charges est une arme redoutable pour le syndic. Si l’usufruitier ne paie pas ses charges courantes, le syndic peut se retourner contre le nu-propriétaire et lui réclamer la somme due. Bien entendu, le nu-propriétaire qui a payé à la place de l’usufruitier dispose ensuite d’un recours contre ce dernier pour se faire rembourser. Mais en attendant, il doit payer !

Il est donc essentiel, avant toute acquisition en démembrement, de consulter attentivement le règlement de copropriété. Si une telle clause existe, la communication et la confiance entre usufruitier et nu-propriétaire deviennent encore plus cruciales. Les tantièmes de copropriété définissent la part de chacun, et cette clause rend les deux parties garantes du paiement total.

La gestion du droit de vote lors des assemblées générales

Qui vote à l’assemblée générale ? Encore une fois, la loi répartit les rôles. L’usufruitier et le nu-propriétaire peuvent assister tous les deux à l’assemblée générale. Le droit de vote est lui aussi partagé, mais il n’est jamais cumulatif sur une même résolution.

La règle est la suivante :

  • L’usufruitier vote pour toutes les décisions qui concernent la gestion courante, l’entretien et le budget prévisionnel. C’est logique, puisqu’il paie ces charges.
  • Le nu-propriétaire vote pour toutes les décisions qui concernent les grosses réparations de l’article 606, les travaux d’amélioration, les actes de disposition (vente d’une partie commune), la modification du règlement de copropriété ou la suppression d’un service.

En cas d’absence de l’un, la loi prévoit que le mandataire présent peut recevoir une délégation de droit de vote de l’autre partie. Il est également possible pour les deux parties de se mettre d’accord pour désigner un mandataire commun qui les représentera. Cette gestion du droit de vote est fondamentale car elle détermine l’avenir de l’immeuble.

Le traitement des honoraires du syndic et des assurances

La logique de répartition s’applique également aux frais annexes. Les honoraires du syndic de copropriété pour la gestion courante sont des frais de fonctionnement. Ils sont donc intégrés au budget prévisionnel et, par conséquent, à la charge de l’usufruitier. C’est normal : c’est lui qui bénéficie du travail quotidien du syndic.

Qu’en est-il des honoraires pour travaux ? Si le syndic facture des honoraires spécifiques pour le suivi d’un chantier de grosses réparations (un ravalement, par exemple), ces frais suivent le sort du principal. Les honoraires liés à des travaux payés par le nu-propriétaire lui incombent également. La loi de 1965 est explicite sur ce point.

Enfin, l’assurance multirisque habitation de l’immeuble, qui couvre les parties communes, est une charge de copropriété courante. Elle fait partie des dépenses de conservation et d’entretien que l’usufruitier doit assumer. En parallèle, ce dernier doit bien sûr souscrire sa propre assurance pour ses biens personnels et sa responsabilité civile.

Les spécificités financières du crédit et de l’IFI

Le démembrement de propriété a également des incidences fiscales et financières importantes qu’il convient de maîtriser, notamment en matière d’emprunt et d’imposition sur le patrimoine.

L’impact de la dette selon l’origine de l’emprunt bancaire

La question du financement peut devenir complexe. Si le nu-propriétaire ou usufruitier contracte un emprunt pour financer des travaux, la déductibilité des intérêts dépend de la nature des travaux et de l’affectation du bien immobilier. Si l’usufruitier met le bien en location, il peut déduire de ses revenus fonciers les intérêts de l’emprunt qu’il a souscrit pour financer des réparations d’entretien.

La situation du nu-propriétaire est plus spécifique. S’il finance des grosses réparations à crédit, il peut également, sous certaines conditions, déduire ces intérêts de ses propres revenus fonciers s’il en perçoit par ailleurs. La plus-value générée lors de la revente future du bien consolidé (après le décès de l’usufruitier) n’est pas directement impactée par cet emprunt, mais les travaux financés peuvent bien sûr augmenter la valeur du bien.

La jurisprudence de la cour de cassation a précisé ces points à plusieurs reprises, notamment sur la déductibilité des dépenses en fonction de qui les engage. En cas d’acquisition de la pleine propriété à crédit, suivie d’une donation avec réserve d’usufruit, la gestion des mensualités de l’emprunt doit être clairement définie dans une convention, car elle ne suit pas les règles classiques de répartition des charges.

La déclaration au titre de l’impôt sur la fortune immobilière

L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) est une autre illustration de la primauté de l’usufruitier. La règle légale est que l’usufruitier doit déclarer la valeur du bien en pleine propriété dans son assiette IFI. Le nu-propriétaire, lui, n’a rien à déclarer au titre de ce bien. C’est une dérogation importante au principe de la répartition économique.

Le législateur considère que puisque l’usufruitier a la totale jouissance du bien, voire la perception de revenus fonciers, il doit en assumer la charge fiscale patrimoniale. C’est une règle très pénalisante pour l’usufruitier dont le patrimoine est proche du seuil de l’impôt sur la fortune immobilière.

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Il existe toutefois des exceptions, notamment dans le cas d’une succession où le conjoint survivant opte pour l’usufruit légal. Dans ce cas, et seulement celui-ci, la taxation IFI est répartie entre l’usufruitier et le nu-propriétaire selon un barème légal qui dépend de l’âge de l’usufruitier. Pour tous les autres cas (donation avec réserve d’usufruit, vente de la nue-propriété), la règle de la taxation sur la valeur en pleine propriété chez l’usufruitier reste la norme. Les tantièmes de copropriété ne jouent ici aucun rôle.

Optimiser la relation contractuelle par une convention de démembrement

La loi pose un cadre, mais celui-ci n’est pas toujours suffisant pour prévenir tous les conflits. La meilleure solution réside souvent dans l’anticipation et la contractualisation. La rédaction d’une convention de démembrement est un outil puissant pour sécuriser la relation entre les parties.

L’intérêt d’un aménagement conventionnel des charges

Même si la loi répartit les charges, les parties peuvent décider d’une autre clé de répartition. Une convention de démembrement, rédigée par un notaire, peut prévoir des règles sur mesure. Par exemple, elle peut lister précisément les travaux qui seront considérés comme des grosses réparations ou prévoir un financement commun pour des travaux d’amélioration non essentiels (comme un ravalement de façade esthétique).

Cette convention peut également neutraliser les effets d’une clause de solidarité des charges incluse dans le règlement de copropriété. Elle peut stipuler que si le nu-propriétaire est appelé à payer par le syndic, l’usufruitier devra le rembourser sous un certain délai, avec d’éventuelles pénalités. C’est une sécurité immense. Cette convention établit des règles claires et prévisibles, supérieures à celles du règlement de copropriété dans les rapports entre les parties.

L’avantage est de pouvoir anticiper des situations non prévues par la loi, comme les travaux d’amélioration qui augmentent la valeur du bien. Qui doit les payer ? La loi est muette. Une convention peut le définir, par exemple en partageant le coût au prorata des avantages que chacun en retire. Cela peut éviter un blocage total sur des projets comme un ravalement de façade ou la création d’un balcon. La répartition des frais est ainsi sécurisée.

La protection des intérêts de chaque partie lors d’une vente

Que se passe-t-il si les parties décident de vendre le bien immobilier ? Ni l’usufruitier ni le nu-propriétaire ne peuvent vendre seuls la pleine propriété. L’accord des deux est indispensable. Une fois la vente réalisée, le prix est réparti entre eux selon une clé de répartition qui dépend de l’âge de l’usufruitier au moment de la vente.

Le rôle du notaire est alors central. Il calcule la valeur de l’usufruit et de la nue-propriété. Plus l’usufruitier est âgé, plus la valeur de son droit diminue, et plus la part du nu-propriétaire augmente. Cette répartition figure dans un barème fiscal, mais les parties peuvent s’accorder sur une autre clé de répartition économique, souvent validée par le notaire.

Dans un contexte de succession et donation, il est primordial que le donateur et donataire soient conscients de cette mécanique. La plus-value générée par la vente est également partagée. Une convention de démembrement bien rédigée peut prévoir les modalités de cette vente et de cette répartition, offrant une visibilité et une protection maximales à chacun. C’est l’assurance d’une opération fluide et sans mauvaise surprise !

FAQ

Qui doit payer les charges courantes au sein de la copropriété ?

L’usufruitier assume la responsabilité des charges liées à l’entretien quotidien et aux services de base du bâtiment. Cette règle suit la logique de l’article 605 du Code civil car celui qui habite le logement finance son usage normal. Vous devez donc régler les factures d’eau, de chauffage ou les petits travaux de maintenance.

Quelle est la liste des travaux à la charge du nu-propriétaire ?

La loi réserve les gros travaux de structure au nu-propriétaire pour assurer la pérennité du bien immobilier. Cela concerne notamment la réfection des gros murs, le remplacement complet des poutres ou la rénovation des clôtures. Selon les données des notaires de France, ces interventions structurelles représentent souvent les budgets les plus lourds pour les propriétaires.

Comment se répartit le droit de vote lors des assemblées générales ?

Le syndic convoque systématiquement les deux parties, mais un seul bulletin de vote exprime l’avis du lot concerné. Sauf disposition contraire dans l’acte de démembrement, l’usufruitier vote les décisions courantes tandis que le nu-propriétaire se prononce sur les travaux majeurs. Une convention écrite entre vous permet toutefois de désigner un mandataire unique pour simplifier les débats.

Que se passe-t-il si l’usufruitier ne paie pas sa part de charges ?

Le syndicat des copropriétaires se tourne vers le débiteur désigné selon la nature de la dépense engagée. Cependant, une clause de solidarité dans le règlement de copropriété peut contraindre le nu-propriétaire au paiement des impayés de l’usufruitier. Cette sécurité juridique protège la trésorerie de l’immeuble face aux risques de carence financière.

Quelle assurance habitation faut-il souscrire dans cette situation ?

L’usufruitier doit obligatoirement souscrire un contrat pour couvrir les risques locatifs et sa propre responsabilité civile. De son côté, le nu-propriétaire privilégie une assurance propriétaire non occupant pour protéger son investissement en cas de sinistre majeur. Cette double couverture garantit une sérénité totale pour les deux acteurs du démembrement.

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